Délégation SOS Culture Bab El Oued

aout 2003 Culture et Solidarité


En Mars 2003, une délégation constituée de Jacques Casamarta pour l’association Per a Pace, Paul Euzière pour le Festival Transméditerranée et César Fazzini représentant la CCAS en Corse se déplaçait en Algérie à l’invitation de Zazi Sadou, présidente du RAFD. C’est pour donner suite à ce projet, qu’une délégation de l’association SOS Culture Bab El Oued était accueillie dans les locaux de la CCAS à Marinca Porticcio. Sept jeunes animateurs et une responsable de l’association ont séjourné du 17 août au 27 août 2003 en Corse sur invitation des associations dans le cadre de l’année de l’Algérie.
Bilan et programme de cette initiative. (Bilan rédigé par la délégation)


Dimanche 17 août 2003 :
Arrivée à Ajaccio à 22h30 Accueil par les associations Per a Pace et FTM et installation à la CCAS de Marinca Porticcio – après un voyage qui avait commencé dans le stress puisqu’au départ d’Alger, la police des frontières avait exigé des autorisations paternelles établies au commissariat et non à la mairie. Heureusement avec l’invitation établie dans le cadre de l’année de l’Algérie en France la présence des parents n’a pas été nécessaire, comme l’avaient demandé dans un premier temps les services de police.
Lundi 18 août 2003 :
Après règlement des formalités de séjour (remise des cartes pour la restauration, réunion d’accueil), l’après-midi libre a été consacrée à une visite et un moment de détente à la plage. Après le dîner la délégation assistait à un concert avec le chanteur corse Dominique Ottavi membre de l’association Per a Pace dont les jeunes ont su apprécier le spectacle, captivés à la fois par les histoires qu’il racontait aussi bien que par les chants. Le fait d’avoir pu rencontrer l’artiste durant le dîner avant le spectacle a permis d’établir des liens et de titiller la curiosité des jeunes.


Mardi 19 août 2003 :
La journée a commencé avec la rencontre d’enfants pris en charge par le Secours Populaire et qui réalisaient une fresque dans un abribus au sein d’un quartier populaire d’Ajaccio Un échange entre ces enfants et les jeunes de Bab El Oued a permis de mieux faire connaître l’algérie. Retour sur Ajaccio pour une visite du siège du Secours Populaire en compagnie de l’équipe de direction qui a présenté les activités et les problèmes que rencontrent les membres du Secours Populaire dans leur action. Cela a permis de constater une triste réalité, la pauvreté existe partout, y compris en France. Suite à ce contact l’association a pu bénéficier du don de deux micro-ordinateurs offerts par le Secours Populaire de Corse. A midi, le déjeuner s’est déroulé en présence des membres du Secours Populaire dans une ambiance conviviale.
Le repas a été suivi de la visite du musée Fesch à Ajaccio dont le guide tenait à nous rappeler qu’il était pied-noir originaire d’Oran quand nous lui avons appris que nous venions d’Alger et alors qu’il nous croyait italiens. En fin de journée le dîner a eu lieu en présence du Conseil d’Administration de la CCAS et de militants associatifs. En soirée la délégation a assisté à une conférence donnée par l’historien Piétro Galvani sur la Corse et son histoire. Cette conférence a été appréciée de manière différenciée. Certains des assistants algériens auraient plutôt souhaité connaître l’histoire de l’île après Napoléon alors que l’exposé a été consacré à la période qui allait de la préhistoire à l’époque napoléonienne.


Mercredi 20 août 2003 :
A 10 h une conférence donnée par Paul Euzière (Président du festival Transméditerranéen) sur qu’est-ce que la société civile ? Quelles différences au nord et au sud de la Méditerranée ? Le riche débat a permis aux jeunes de trouver des réponses à leurs questions sur différents aspects du travail associatif et les difficultés, en particulier financières, qu’on rencontre dans ce type d’activités. L’après-midi libre était une fois encore l’attrait de la plage ou de la sieste selon une tradition bien établie en Corse. Le soir après le repas les jeunes ont pu assister à une conférence donnée par le philosophe Henry Pena Ruiz sur « Victor Hugo et la révolution » qui malgré, son grand intérêt, n’a pas pu retenir tous les jeunes qui ont rencontré des difficultés à assimiler le contenu. Cette absence des jeunes de notre délégation soulignait alors l’absence des jeunes français puisque l’assistance était composée essentiellement d’un public d’adultes.


Jeudi 21 août 2003 :
Journée plage ! Kayac et toutes voiles dehors ! Pour la première fois les jeunes pratiquaient ces activités et le moniteur était impressionné par la facilité avec laquelle ils s’initiaient. Des liens très forts ont été établis par les jeunes avec ce moniteur qui a décidé de venir en Algérie en 2004. En soirée, épuisés après une journée d’efforts physiques la délégation a pu assister (mais pas jusqu’à la fin) à une représentation du groupe de musiciens corses « Caramusa ».


Vendredi 22 août 2003 :
Rencontre conviviale dans la matinée avec des responsables syndicaux de l’Union Départementale CGT d’Ajaccio qui ont expliqué aux jeunes les dures luttes qui ont permis aux syndicats de travailleurs d’exister. C’était un sujet nouveau que les jeunes découvraient avec beaucoup d’intérêt. L‘après-midi a été consacrée à la visite du site préhistorique de Filitosa dans un cadre qui ne manquait pas d’évoquer la Kabylie que les jeunes connaissent. Pour finir la journée, les jeunes se sont retrouvés à une soirée dansante. Pour les jeunes filles, c’était leur première sortie de ce type. Et si les garçons se sont défoulés, pas du tout gênés par la présence d’un public assez hétéroclite, les filles qui étaient plutôt spectatrices, se sont plus consacrées aux « commentaires », activité que l’on croyait exclusivement nationale mais dont nos amis corses se sont avéré grands pratiquants.


Samedi 23 août 2003 :
La matinée a été consacrée à une rencontre avec la presse qui a eu lieu dans un bistrot au centre d’Ajaccio. La chaîne de télévision France 3 qui nous raccompagnait pour faire un reportage sur le site de notre séjour a finalement fait demi-tour pour couvrir un attentat qui venait d’avoir lieu à Ajaccio. Suite à ces entretiens un article est paru dans le journal « Corse-Matin ». Après une après-midi libre (plage et sieste naturellement), les jeunes sont restés en soirée sur le site. La responsable du groupe a eu l’opportunité de visiter Bastia – le Col de Teghime et son monument aux libérateurs de la Corse d’origine berbère – et de rencontrer l’écrivain algérienne Malika Allel.


Dimanche 24 août 2003 :
La matinée libre était suivie d’une randonnée qui a permis la visite de la tour de Capo di Muro en compagnie de Pascale Larenaudie et Jacques Casamarta auteurs d’un livre sur les Tours Génoises et guides très éclairés. Immanquablement la petite crique qui jouxtait le site a attiré notre petit groupe qui tenait à se baigner. Le soir le repas à Capo di Muro autour d’un barbecue a permis de rencontrer les militants de l’association « Per a Pace ». Le débat a porté sur les pieds-noirs et les épreuves qu’a du surmonter l’Algérie ces dernières années. Les questionnements se faisaient surtout autour de la manière dont les jeunes de la délégation envisageaient l’avenir de l’Algérie. La nuit s’est terminée de façon imprévue puisqu’il a fallu dépanner un des véhicules dans la bonne humeur générale, ce qui a ajouté du piment à une soirée très agréable.


Lundi 25 août 2003 :
Une conférence sur « l’association : un phénomène de masse » a été donnée par Jacques Casamarta président de l’association « Per a Pace » dans la matinée. Cette rencontre a été suivie par un échange avec Pierre–Jean Delavalle auteur de « La Terre Partagée ». Ce fut un moment chargé d’émotions. Autant le contenu de son ouvrage qu’il a su transmettre aux jeunes, que ses origines de pied-noirs constantinois ont permis cette communion. C’est, épuisés, que les membres de la délégation ont assisté dans l’après-midi à la conférence donnée par Antoine Polletti sur la Résistance en Corse. La soirée dansante prévue, perturbée par la pluie, s’est transformée en corvée ménage dans les chambres au grand désarroi des jeunes qui s’étaient longuement préparés pour cette occasion.


Mardi 26 août 2003 :
Rencontre avec les militants du « Secours Catholique Corse » qui découvrait que SOS Culture travaillait déjà avec le Secours Catholique de Paris. Les membres du Secours Catholique ont exprimé combien ils appréciaient l’occasion de rencontrer des jeunes algériens et leur satisfaction de voir leur engagement. Le repas fut l’occasion de rencontrer pour la première fois César Fazzini, président de l’Union régionale Corse de la CCAS qui a laissé à tous les jeunes une forte impression par sa formidable simplicité, sa disponibilité et son écoute. La dernière après-midi, en compagnie de Mounira et Mahacen Did, artiste peintre et étudiante algériennes, a été consacrée au shopping. Et c’est dans la précipitation avec une heure de retard que la délégation de retour à Marinca a assisté à une conférence donnée par César Fazzini sur la CCAS dans le prolongement de la nationalisation. Le soir le repas d’adieu en présence de la jeune étudiante algérienne fut très sympathique.


Mercredi 27 août :
Retour sur Alger, avec déjà en tête les premières remarques sur ce séjour dans des conditions exceptionnellement agréables et qui s’est avéré trop court. Pour réaliser l’ensemble des activités du programme il aurait fallu 15 jours. L’expérience très enrichissante vue la variété des interlocuteurs et des milieux découverts aurait pu être approfondie en permettant que les jeunes rencontrent d’autres jeunes vacanciers du centre de vacances ou jeunes agents d’EDF-GDF de Corse, et que les thèmes de certaines des conférences « collent » à leurs centres d’intérêts immédiats. Cette manifestation de solidarité envers l’Algérie a profondément touché les membres de la délégation qui en plus se sont sentis valorisés par l’intérêt porté par des adultes. Le souhait des jeunes de SOS Culture est de renouveler cette expérience des deux côtés de la Méditerranée.