François De Negroni originaire de Rogliano en Haute Corse, vient de publier aux éditions « Matéria Scritta » un ouvrage sur Thomas Sankara. L’auteur, jeune coopérant dans les années 1970 a enseigné la sociologie et l’anthropologie en Afrique. Il relate dans cet ouvrage de sa rencontre à Madagascar avec Thomas Sankara alors jeune étudiant.

« Une nuit à Majunga ». Tel est le titre de ce livre dans lequel on n’apprend pas forcément grand-chose sur la vie de Thomas Sankara à Madagascar, même si l’ouvrage reste très intéressant. Il s’agit plus, d’un travail sur la mémoire de l’auteur plus de 40 années plus tard, et qui retrace une rencontre furtive, un moment fugace, revu et romancé, mais néanmoins captivant avec Thomas Sankara, la rencontre d’une nuit a Majunga. « Une nuit de conversations, à la table d’un pittoresque bar à matelots ». Sankara se trouve à Majunga en stage avec deux autres étudiants africains, d’origines Tchadiennes. « Sankara est souriant et réservé il se montrait posé, pertinent, soucieux d’éviter une quelconque énonciation stéréotypée, protégé par une forme impalpable d’humour ». Les trois étudiants étaient représentatifs d’une génération qui avait décidé de prendre en mains les affaires de leur pays respectifs.
« Ils se donnaient explicitement pour mission d’accompagner l’émancipation et le développement de leurs pays, des sociétés exploitées, et ils s’étaient construits en grande partie à travers la conscience de cette exploitation… Leur grades? Révoltés, engagés à tout le moins ».

La personnalité de Thomas est déjà bien évidente, son esprit vif, son sens du devoir et de l’intérêt général aussi. Ce qui ressort, c’est que Thomas Sankara à envie d’apprendre, de connaître, de savoir, il y a déjà en perspective son engagement, un ancrage anti colonial fort, ce qui le distingue malgré tout, des autres étudiants (une trentaine) venu de toute l’Afrique a Antsirabé étudier a l’académie militaire.
Pour l’auteur, Sankara était détendu, disert lors de ces conversations en tête à tête… « je pressentais confusément chez cet homme une forme d’intégrité morale, de rectitude politique dont il allait plus tard fournir la démonstration concrète, à la faveur de ses combats pour l’émancipation »…)
L’ouvrage se situe à la limite de l’histoire et de la fiction. On sent bien que Negroni qui connaît bien l’Afrique et le Burkina s’est inspiré de toutes ses connaissances pour travailler à la rédaction de cet ouvrage. L’écriture est intéressante, limpide, agréable… Avec un mélange de politique et d’humour… Une atmosphère aussi, celle de la décolonisation et des espoirs des peuples africains des années 60 et 70.
La deuxième partie du livre est constituée d’archives (documents, dessins, photos personnelles,  articles et interview de Negroni ou d’autres auteurs, durant son périple africain à Madagascar comme coopérant.

En fin de livre, on y trouve une sélection de films, ayant trait à TS, une dizaine à partir du premier cité, « Sacrifices pour une Révolution » 1984. Le dernier de la série des 10, « Thomas Sankara à l’académie militaire de Madagascar; témoignages de deux camarades de promotion. » Réalisé en 2008.
Enfin cet ouvrage édité en Corse en mai 2016 par une petite édition « Matéria Scritta »  incite à mieux connaître l’homme Sankara, son engagement, sa Révolution… Mais aussi le Président du Burkina Faso, le pays des Hommes intègres, qui durant quatre années de 1983 au 15 octobre 1987 date de son assassinat a dirigé le pays.

Le site www.thhomessankara.net est donné en référence et Bruno Jaffré comme le biographe le plus connu de Sankara.

Un ouvrage à faire connaître…

Jacques Casamarta

Une nuit à Majunga 14 € TTC  édition Matéria Scritta

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