« Quand un régime démocratique cède à la raison d’Etat, il s’éloigne de sa nature profonde » O. Chopin

Suite à la table ronde sur le SECRET DEFENSE qui s’est tenue le 4 mars 2017 à la Bellevilloise (Paris 20°) concernant 8 affaires criminelles et affaires d’Etat non résolues à ce jour à savoir :

  • L’assassinat de Thomas Sankara, Président du Burkina Faso, le 15 octobre 1987 (avec Bruno Jaffré, animateur du réseau Justice pour Sankara, justice pour l’Afrique).
  • Les massacres de Sétif (Tunisie) en mai 1945 et à Paris le 17 octobre 1961 (avec Medhi Lallaoui, réalisateur, membre de Au nom de la mémoire).
  • La « disparition » de l’universitaire Maurice Audin en Algérie en 1957 (avec Henri Pouillot, membre de Sortir du colonialisme).
  • Le massacre des tirailleurs « sénégalais » au camp de Thiaroye le 1° décembre 1944 (avec Armelle Mabon, historienne).
  • Le génocide Tutsi au Rwanda en 1994 (avec François Graner, chercheur).
  • L’enlèvement et la disparition de Medhi Ben Barka à Paris le 29 octobre 1965 (avec Bachir Ben Barka, son fils).
  • L’assassinat du magistrat Bernard Borrel à Djibouti le 18 octobre 1995 (avec Elisabeth Borrel).
  • L’enlèvement et l’assassinat au Mali des journalistes à RFI Ghislaine Dupont et Claude Verlon le 2 novembre 2013 (avec Pierre-Yves Schneider, journaliste, porte-parole des Amis de G. Dupont et C. Verlon)

Il a été convenu, lors d’une réunion à Paris le 13 septembre 2017, à laquelle assistaient Elisabeth Borrel, Francois Graner, Bruno Jaffré, Armelle Mabon, Thomas Bart (association Survie) et André Lucas (co-président du Comité de soutien à E. Borrel) -excusés Bachir Ben Barka et Henri Pouillot- de nous constituer en COLLECTIF SECRET DEFENSE.

En effet dans ces affaires criminelles, et dans d’autres (affaires Boulin, Bugaled Breizh, Karachi…) qui sont des affaires d’Etat, il apparaît clairement que l’Etat français, au lieu d’assumer ses responsabilités conformément au droit, use de manœuvres diverses pour entraver la recherche de la vérité par les familles, les historiens, les chercheurs et pour empêcher que justice soit rendue aux victimes.

Ainsi au nom de la raison d’Etat, censée représenter l’intérêt supérieur de la nation, le secret défense, tel qu’il est institué et tel qu’il fonctionne actuellement, permet d’entraver les enquêtes judiciaires, faisant de la victime juridiquement protégée par les institutions de son pays, un adversaire à combattre, voire à abattre au lieu de lui rendre justice. Il empêche également les historiens, les chercheurs d’accéder aux informations nécessaires à leur travail scientifique pour établir la vérité historique.

 Le collectif SECRET DEFENSE se donne pour objectifs de :

1° rassembler les personnes physiques (victimes, familles, historiens, chercheurs…) ou morales (associations…) qui sont confrontées aux abus et dérives du secret défense et fédérer leurs actions;

2° alerter l’opinion publique et mener des actions concertées auprès des pouvoirs publics, des autorités judiciaires, des parlementaires, pour mettre en question le secret défense tel qu’il est protégé actuellement  au détriment de la vérité historique et de la justice due aux victimes. Faut-il rappeler à l’Etat que faire obstruction à la manifestation de la vérité sur des crimes commis est pénalement répréhensible ?

3° réformer le secret défense en le soumettant au contrôle d’une juridiction indépendante dans laquelle l’Etat ne serait plus à la fois juge et partie, pour mettre la loi française en conformité avec la Convention Européenne des Droits de l’Homme, évitant ainsi aux victimes la contrainte de devoir saisir la CEDH, ce qui aboutit à faire condamner leur propre pays.

Il est de notre responsabilité de citoyen et du devoir de ceux qui font la loi d’œuvrer à une réforme indispensable du secret défense pour que la raison d’Etat ne s’exerce pas contre les droits des Français à la vérité et à la justice. La France retrouverait alors légitimement sa spécificité de patrie des Droits de l’Homme.

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